Tendinite du moyen fessier : les prises en charge existantes

Jean BAUDU

Une douleur sur le côté de la hanche peut gêner la marche, les escaliers ou le sommeil. La tendinite du moyen fessier, aussi appelée tendinopathie glutéale, figure parmi les causes possibles.


Le traitement dépend du diagnostic et de la capacité du tendon à supporter les efforts. Pour choisir les soins adaptés, il faut d’abord distinguer les symptômes, puis ajuster progressivement les activités et la rééducation.


A retenir :


  • Douleur latérale de hanche parfois aggravée par la nuit
  • Diagnostic clinique complété par imagerie selon le contexte
  • Repos relatif et rééducation progressive plutôt qu’immobilité prolongée
  • Traitements médicaux adaptés à la douleur et aux lésions

Symptômes et diagnostic clinique de la tendinopathie du moyen fessier


Ces repères aident à comprendre pourquoi une douleur de hanche mérite un examen, plutôt qu’une automédication prolongée. La gêne se situe souvent près du grand trochanter, sur la face externe de la hanche.


Douleur latérale et gestes qui la déclenchent


Dans cette pathologie, la douleur peut descendre vers la fesse, la cuisse ou le genou, sans nécessairement signaler une atteinte nerveuse. Marcher longtemps, monter des escaliers ou rester debout peut l’accentuer.


La pression sur le côté atteint gêne parfois le sommeil, notamment lorsqu’une personne dort sur cette hanche. Croiser les jambes ou s’appuyer longtemps sur une seule jambe peut également irriter la zone.

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Une personne qui reprend la course après une période d’arrêt peut ainsi remarquer une douleur d’abord légère, puis plus présente après chaque sortie. Ce scénario ne suffit toutefois pas à confirmer un diagnostic.


Les signes suivants peuvent guider la consultation, sans remplacer l’évaluation d’un professionnel de santé.


Repères à signaler au soignant :


  • Douleur précise à la palpation du grand trochanter
  • Gêne accrue pendant la marche ou les escaliers
  • Faiblesse lors de l’écartement actif de la jambe
  • Boiterie ou douleur quand la hanche porte le poids du corps

Examens cliniques et imagerie de la hanche


Le diagnostic clinique repose sur les symptômes, l’examen de la hanche et l’évaluation de la force. Le médecin ou le kinésithérapeute recherche notamment une douleur à la contraction contre résistance.


Selon le BMJ, les symptômes de tendinopathie glutéale peuvent être évalués dans le cadre d’un examen clinique et d’un programme thérapeutique adapté. Une échographie ou une IRM peut être demandée si le diagnostic reste incertain ou si une lésion est suspectée.


L’imagerie n’est pas systématique : son utilité dépend de l’examen et de l’évolution. Une douleur persistante, une boiterie importante ou une suspicion de rupture justifient une réévaluation médicale.


Élément évalué Ce qu’il peut éclairer
Localisation de la douleur Atteinte possible de la région latérale de hanche
Palpation du grand trochanter Sensibilité de la zone douloureuse
Contraction contre résistance Réaction du tendon et des muscles sollicités
Échographie ou IRM Recherche de lésions ou d’atteintes associées

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Kinésithérapie, repos relatif et gestion de la charge


Une fois les signes évalués, l’objectif devient de calmer la gêne sans désentraîner la hanche. La kinésithérapie s’appuie généralement sur une reprise graduelle des contraintes, plutôt que sur l’arrêt complet des mouvements.


Rééducation progressive et renforcement musculaire


Dans cette étape, le repos relatif consiste à réduire temporairement les gestes les plus douloureux, tout en conservant les activités tolérées. Le kinésithérapeute adapte les exercices à la douleur, à la force et aux objectifs quotidiens.


Le renforcement musculaire peut commencer par des contractions contrôlées, puis évoluer vers des mouvements fonctionnels comme la marche latérale ou les montées de marche. Selon le BMJ, l’éducation associée à l’exercice constitue une option étudiée face aux injections de corticoïdes pour la tendinopathie glutéale.


Les étirements adaptés ne doivent pas comprimer davantage la zone sensible : certains mouvements profonds en adduction peuvent majorer la gêne. Le professionnel choisit donc leur amplitude et leur moment selon la tolérance individuelle.


Principes de progression en rééducation :


  • Réduire les positions qui compriment la hanche douloureuse
  • Maintenir les mouvements quotidiens qui restent bien tolérés
  • Augmenter progressivement la difficulté des exercices prescrits
  • Réévaluer la douleur après l’effort avec le kinésithérapeute

Adapter les activités sans arrêter tout mouvement


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La gestion de la charge relie les exercices aux gestes de la vie courante. Une reprise trop rapide de la course, des longues marches ou des escaliers peut dépasser la capacité momentanée du tendon.


Selon le BMJ, l’accompagnement par l’éducation et l’exercice a été comparé à une injection de corticoïdes dans un essai consacré à cette affection. Les choix doivent néanmoins tenir compte de l’examen, des préférences et des antécédents de chaque personne.


Un journal simple des activités et des réactions peut aider à repérer les efforts qui déclenchent une poussée douloureuse. Cette observation permet au thérapeute d’ajuster le programme sans imposer une immobilité générale.

Traitement antalgique, infiltrations et prise en charge chirurgicale


Lorsque la rééducation seule ne suffit pas, le médecin peut discuter d’autres options en fonction des symptômes et des lésions. Ces soins complètent généralement l’adaptation des activités plutôt qu’ils ne la remplacent.


Médicaments et infiltration de corticoïdes


Un traitement antalgique peut être proposé pour rendre les déplacements ou le sommeil plus supportables. Le choix du médicament et sa durée relèvent du professionnel, car les contre-indications et les risques varient selon les personnes.


Une infiltration de corticoïdes peut être discutée dans certaines situations, notamment si la douleur est importante ou si une bursite est présente. Elle vise à réduire les symptômes, mais ne rétablit pas à elle seule la force ni la tolérance du tendon.


Le tableau distingue les options selon leur rôle général, sans constituer une prescription individuelle. La décision médicale tient compte du diagnostic et de la réponse aux soins déjà entrepris.


Option Rôle principal Point de vigilance
Adaptation des activités Limiter temporairement les gestes aggravants Éviter l’arrêt complet sans indication médicale
Antalgiques Atténuer la douleur selon avis médical Respecter les consignes et contre-indications
Infiltration de corticoïdes Réduire la douleur dans certaines situations Ne remplace pas la rééducation progressive
Chirurgie Traiter certaines lésions résistantes aux soins Décision spécialisée et rééducation postopératoire


Quand envisager une prise en charge chirurgicale


La prise en charge chirurgicale concerne surtout des lésions tendineuses importantes ou des symptômes persistants malgré un traitement conservateur bien conduit. Un spécialiste évalue alors l’imagerie, la fonction et les bénéfices attendus.


Après une réparation, la récupération implique un protocole adapté, parfois avec une limitation temporaire de l’appui, puis un renforcement progressif. Le calendrier dépend de l’intervention et des consignes de l’équipe soignante.


Si la douleur s’aggrave, perturbe fortement la marche ou persiste malgré les soins, une consultation permet de revoir le diagnostic et les options. La suite repose sur un plan individualisé, coordonné entre médecin et kinésithérapeute.

Source : Mellor et al., « Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy », BMJ, 2018.

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